Vous avez reçu
un courriel d’Interval ?

Délais de paiement : les leviers légaux dont dispose le DAF

Le délai de paiement est le temps accordé à un client pour régler sa facture. En France, la loi l’encadre strictement, et ce cadre n’est pas qu’une contrainte : il arme le directeur financier de leviers concrets face aux retards. Encore faut-il les connaître et les activer.

En bref
  • Le délai de paiement entre professionnels est plafonné à 60 à compter de la date de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois (article L441-10 du Code de commerce).
  • En cas de retard, des pénalités sont dues de plein droit au taux de la BCE majoré de 10 points, plus une indemnité de 40 € par facture.
  • La DGCCRF peut sanctionner un mauvais payeur jusqu'à 2 millions d'euros, avec publication de la décision.

Le plafond légal, socle de vos conditions de paiement

Le Code de commerce fixe un plafond que vos conditions de paiement ne peuvent pas dépasser : 60 jours à compter de la date d’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit (article L441-10). À défaut de conditions particulières convenues entre les parties, le paiement intervient dans les 30 jours suivant la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. Certains secteurs relèvent de délais spécifiques fixés par la loi, comme le transport routier de marchandises, plafonné à 30 jours. Ce plafond est le socle de vos conditions générales de vente et le point de départ de tout calcul de retard.

Pénalités et indemnité, dues de plein droit

Dès le lendemain de l’échéance, deux mécanismes se déclenchent sans que vous ayez à les réclamer. Les pénalités de retard courent de plein droit. À défaut de taux fixé dans vos conditions de vente, elles s’appliquent au taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, soit 12,75 % au deuxième semestre 2026, sans pouvoir descendre sous trois fois le taux d’intérêt légal. Ce taux est révisé chaque semestre en fonction du taux directeur de la BCE. S’y ajoute une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture impayée ou réglée en retard. Ces montants doivent figurer sur vos conditions de vente et vos factures.

Sources : Code de commerce (articles L441-10 à L441-16) et DGCCRF. Le taux des pénalités change chaque semestre, au 1er janvier et au 1er juillet.
LevierRègleBase légale
Plafond de paiement60 jours date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de moisArticle L441-10
Pénalités de retardTaux BCE + 10 points par défaut (12,75 % au S2 2026), plancher de 3 fois le taux d'intérêt légal, dues de plein droitArticle L441-10
Indemnité de recouvrement40 € par facture impayée ou réglée en retardArticle L441-10 (montant fixé par décret)
Sanction administrativeAmende jusqu'à 2 M€ (société), 4 M€ en récidive, et publicationDGCCRF, articles L441-16 et L470-2
Exemple de calcul

Une facture de 10 000 € réglée avec 30 jours de retard

Au taux de 12,75 % applicable au deuxième semestre 2026, les pénalités atteignent environ 105 € (10 000 × 12,75 % × 30 / 365), auxquelles s'ajoute l'indemnité forfaitaire de 40 €. Le retard a donc un prix, exigible sans le moindre rappel.

Total dû au titre du retard : environ 145 €.

Le risque pour le débiteur : les sanctions de la DGCCRF

Le non-respect des délais ne se règle pas qu’entre le fournisseur et son client. La DGCCRF contrôle les délais de paiement et peut prononcer une amende administrative allant jusqu’à 2 millions d’euros pour une personne morale, assortie d’une publication de la décision. Cette transparence pèse autant que l’amende, car elle expose la réputation de payeur de l’entreprise. Les sanctions sont régulièrement publiées par la DGCCRF dans une logique de « name and shame ».

Des délais à la trésorerie : l'effet sur le BFR

Au-delà du droit, le délai de paiement est d’abord une affaire de trésorerie. Chaque jour de délai accordé ou subi immobilise de l’argent dans le poste clients et gonfle le besoin en fonds de roulement. Pour un directeur financier, réduire les délais réels revient à financer l’activité sans recourir au crédit. C’est là que le cadre légal rejoint le pilotage : le plafond et les pénalités contiennent le délai, le suivi du DSO le mesure. Une baisse d’un seul jour du DSO peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de trésorerie libérée dans une PME, et plusieurs millions dans une ETI.

Activer ces leviers, puis passer le relais si besoin

Ces leviers ne valent que s’ils sont posés puis tenus. Le directeur financier inscrit d’abord le plafond, les pénalités et l’indemnité dans ses conditions de vente, puis les applique réellement plutôt que d’y renoncer par habitude. Quand un retard s’installe malgré ce cadre, Interval prend le relais et récupère la somme due par la voie amiable, avant que la créance ne se dégrade. La décision de confier un dossier se prépare avec le suivi du poste clients, un sujet traité dans notre article sur le DSO et l’externalisation.

À retenir

En France, le délai de paiement entre professionnels est plafonné à 60 jours à compter de la facture, ou 45 jours fin de mois (article L441-10 du Code de commerce). En cas de retard, des pénalités sont dues de plein droit au taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, plus une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture. La DGCCRF peut sanctionner un mauvais payeur d'une amende administrative allant jusqu'à 2 millions d'euros, assortie d'une publication de la décision.

Questions fréquentes

Peut-on convenir d'un délai de paiement supérieur à 60 jours ?

En principe non : le plafond entre professionnels est de 60 jours à compter de la facture, ou 45 jours fin de mois (article L441-10 du Code de commerce). Sans accord entre les parties, le délai par défaut tombe à 30 jours. Certains secteurs suivent des délais spécifiques fixés par la loi, plus courts dans le transport, plus longs pour l'agroéquipement, mais un dépassement non prévu expose à une sanction.

Les pénalités de retard sont-elles obligatoires ?

Elles sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans rappel, et doivent figurer sur les conditions de vente et les factures. Le fournisseur peut ne pas les recouvrer, mais elles restent exigibles, avec l'indemnité forfaitaire de 40 euros par facture.

Que risque une entreprise qui paie ses fournisseurs en retard ?

Au-delà des pénalités dues au fournisseur, la DGCCRF peut infliger une amende administrative jusqu'à 2 millions d'euros pour une personne morale, le double en cas de récidive, assortie d'une publication de la décision qui expose sa réputation de payeur.

Un cadre légal ne vaut que s'il est tenu

Quand le retard résiste au plafond et aux pénalités, Interval récupère la somme due dans la fenêtre où le dialogue reste possible.

Un prestataire conforme, auditable, assuré.
Parlons-en.